La chausse aux échangistes hippie

 

C’est le coucher du soleil, la plupart des montréalais mangent de la poutine et boivent de la bière en regardent « La Fièvre » sur la TV. C’est à peine si le hurlement d’un 18-roues 1. vient de temps en temps rompre le silence. Au loin, les skwidjis 2. sont presque invisibles, cachés par des nuages de marijuana. Mais toute cette poésie ne vous touche pas, car vous êtes un chasseur, une créature aux envies glauque qui ne se laisse pas émouvoir par le premier beau paysage… Et ce soir, vous êtes à l’affût. Vous êtes habilement caché derrière la statue George-Étienne Cartier du parc Mont Royal, et vous attendez patiemment. Vos sens aiguisés sont mobilisés et surveillent le premier signe, l’indice qui révélera la présence d’un animal…

Soudain, ça y est ! Au loin, deux taches vivement colorées viennent de jaillir d’une courbe du champs Mont Royal. Un couple ! C’est votre nuit de chance. La bite en érection, vous attendez que les bêtes se dénudent complètement. Votre oreille a déjà perçu le bruit de leurs amours. Le vent qui souffle dans votre direction transport jusqu’à vos narines l’odeur de la chatte humide de la femme de votre proie, le subtil mélange d’excitation et transpiration. Les bêtes sont maintenant à bonne distance. Rapidement vous avalez une bonne gorgée de gros Molson puis vous baisez votre pantalon…. Attention, les voilà….

Beaux souvenirs, n’est-ce pas ? J’espère que les amateurs qui lisent cet article en eu ont eu la larme à l’œil ! Mais ressaisissez-vous les gars, ce rêve se transformera bientôt en réalité car la saison de la chasse aux échangistes hippie est sur le point de s’ouvrir à nouveau. Il est temps de ressortir vos « fusils de sperme », de sortir votre imperméable du garde-robe…

Mais peut-être que certains lecteurs moins civilisés ou viennent de la France ne sont pas complètement familiers avec ce sport qui, il faut l’avouer, est apparu assez récemment. Pour ceux-là, je tenterai de brosser un bref historique.

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La chasse aux échangistes hippies est un sport qui non seulement est apparu récemment mais qui en plus à été inventé par une lesbienne de chez-nous. C’est un autre bel exemple de l’esprit inventif d’érotomane québécois à qui on devait dé le lancer du préservatif et le gode. Il paraîtrait que c’est une dénommée Madeleine Plouffe, du quartier Saint-Hubert à Montréal, qui serait l’obscure génie à l’origine de cette passe-temps.

Madeleine Plouffe était une Camionneuse 3. Autrement dit, elle aimait les filles hétérosexuelles mais détestait l’effort. Elle ne manquait jamais une partie de gode ceintures, de mange tapis, de cuisiner les tartes aux poils même, devant le cinéma pornographique de la rue Saint Laurent. Mais pour son malheur, elle aimait la chasse aux hétérosexuelles. Peut-on la blâmer, elle aimait le plaisir simple de défoncer une fille à bout pourtant, une animale sans défense…

Pendant l’été au club dyke il y a toujours des hétérosexuelles qui se présentent, des jeunes étudiantes qui ont trop bu, les femmes de foyer plein de curiosités, et parfois même des policiers en quête d’être habillé en pom-pom girl et sodomisé par un gros gode comme une salope en chaleur

Chaque automne était donc un enfer pour Madeleine. Elle aimait la chasse mais détestait l’Abitibi, région de hétérosexuelles péquenaudes. Elle détestait avoir à quitter Montréal, rouler pendant plusieurs heures sur des routes mal entretenues au risque d’endommager le poli de sa Kawasaki super vibrante, pire encore, d’utiliser les toilettes réservées aux femmes dans les stations d’essences, d’avoir dépensé une telle somme d’argent pour des bières merdiques pour réussir, et encore une fois sur dix, à baiser une hétérosexuelle bien immangeable, très lourde et assez laide pour que ça vaille la peine d’en voiler la culottes pour la mettre dans son scrapbook. Mais de cette frustration jaillit un jour l’éclair de génie.

En effet, Madeleine, un jour que son chien l’avait entraîné de force prendre une marche sur le Mont-Royal remarqua la quantité incroyable de hippies qu’il y avait sur la butte montréalaise.

Ici quelques explications sur l’hippie. L’hippie est un animal assez proche de l’homme et qui habite presque exclusivement parc Mont Royal. Il a une particularité qu’on remarque avant tout : il baise en fumant du bien. Il baise en fumant du bien presque toujours. Si vous voyez un hippie immobile, c’est qu’il est arrêté par les policiers.

Le hippie baise en fumant du bien un peu partout. Évidement, comme tout animal qui se respect, il préfère les espaces verts. Mais comme il y a des moins en moins de verdure dans nos viles, on présume que la bête s’est tranquillement résignée à emprunter les parcs. D’ailleurs, un peu comme pour les ratons-laveurs ou les lièvres à la campagne. D’ailleurs on dirait qu’il y en a de plus en plus à cause de la crisse économique mondial. Ceci nous amène à parler de nos connaissances ou plotôt de notre ignorance en ce qui concerne les mœurs et habits d’échangiste hippie.

En effet, il est exceptionnellement rare qu’une créature nous soit si familière alors que nous ne savons presque rien de ses mœurs.

Que savons-nous de l’hippie ? Il baise en fumant du bien. Bon, ça c’est noté. Mais ensuite ? Essayons d’abord de voir à quoi ressemble le hippie moyen sur le plan physique. Règle générale, il s’habille en couleur éclatante. À poil il a un pelage de poils pubiens couvert du cou aux chevilles d’une sorte de deuxième épiderme. Certaines espèces de hippies ont les pattes nues.

Les hippies se déplacent en groupe. On peut compter au moins 6 ou 7 hippies à la fois. De toute manière, si on considère le perversion moyen d’une bête, le chasseur est bien satisfait d’en taper une seule dans sa journée d’autant plus qu’il va sentir du cul et doit rentrer chez lui par le métro.

Le grand mystère qui continue à troubler nos chasseurs locaux (car la science « officielle », en retard comme toujours, n’a pas daigné se pencher sur la question à date…) Quel est le moyen de l’animal pour se nourrir. Il faut bien constater que ces chères bêtes sont de plus en plus nombreuses. Mourir de la faim donc ne semble pas d’être un problème pour l’hippie. Où s’il est un problème, on devrait supposer donc qu’elles ont une vie érotique aussi chargée que le lièvre.

Lexique :

1. Camion

2. Le terme désigne les énergumènes intempestifs qui lavent les pare-brises des voitures arrêtées aux feux rouges dans les villes au moyen d’un outil du même nom dans l’espoir de leur soutirer une aumône.

3. Lesbienne n’ayant pas d’aspect féminin et cultivant une image masculine

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