Bon matin à toi !

 

Janelle et moi nous nous cachions dans son grenier pour nous examiner mutuellement.  Nous ne comprenions même pas très bien à quoi que nos organes pouvaient servir ; nous étions certains d’une chose : que nos ébats devaient rester secrets, parce que les adultes s’en faisaient crisser toute comme la vache folle s’ils auraient su.

J’ai une sœur année et j’ai aussi un frère année.   Ma sœur m’apprenait à la toucher : nous inventions des jeux dans lesquels n’importe quoi pouvait servir à faire éprouver cette étrange sensation d’excitation barrettes, épingles à cheveux, carottes, nos doigts, etc.  Mon frère me demandait aussi de parfois le masturber.  Cela se passait toujours quand nous étions seuls à la maison : il s ’étendait sur le lit et posait ma main sur son pénis, la guidant dans le mouvement de va-et-vient le long de cet énorme serpent de chair aussi dur dur qu’une une matraque de viande.  Pis au bout d’un moment.  Il en jaillissait un fort liquide blanchâtre et visqueux.  On aurait dit du lait, mais ça avait un goût était très salé  et une odeur particulière, très bizarre.  Et plus bizarre encore me semblaient les grimaces que faisait mon frère quand sortait ce truc-là….

Mon premier orgasme, je ne me souviens plus l’âge que j’avais.  Mais J’étais au lit avec mon oreiller entre les jambes, et un flot de sensations qui venaient par vagues de plus en plus rapides, prirent possession de tout mon corps et me firent hurler de plaisir.

Malheureusement ma famille est bien des catholiques du Québec et selon l’église la masturbation est un péché.  Le bon Dieu m’apparaissait d’une mère accusatrice, qui m’observait continuellement.  D’un jour à l’autre, je cessai de me masturber ; il m’arrivait parfois aux toilettes de l’église qu’un envie folle me prenait de le faire : alors je m’asseyais sur les carreaux froids et j’allongeais petit à petit ma main vers l’intérieur de mes cuisses….  Puis dès que je commençais à entrer dans ce bizarre état de langueur et que je sentais mon sexe se durcir et se gonfler… voilà que la figure terrible et menaçante de Dieu se dressait devant moi, alors que j’allais consommer mon « péché ». Et aussitôt j’arrêtais.

Mais d’autre fois l’instinct était plus fort que Dieu et ma mère, et, malgré de leurs regards lourde de reproches, ma main continuait : c’étaient alors des caresses défendues, avec des sensation très aiguës, et dans le même temps une angoisse étrange qui me serrait la gorge quand j’étais sur le point de jouir.   Bref, pendant de nombreuses années la sexualité fut associée en moi à cette idée de culpabilité, mais aussi à un profond sentiment de révolte.

Pis un jour, c’était un après-midi d’octobre, je vis par hasard une jeune fille qui habitait non loin de chez nous se rouler sur le pré avec un garçon ; lui il était en dedans d’elle et lui serrait les fesses avec ses mains… Ce spectacle me fascina ;  je n’arrivais pas ) détacher mes yeux de ces deux-là, et tout à coup je sentis monter en moi, sans même que je me touche, les bouffées de l’orgasme… Je restai là, bouleversée et tremblante, sur l’herbe.

Quelques jours plus tard, un enseignant d’école m’emmena chez lui.  Sa femme et moi tentâmes en vain d’enfiler sa bite en dedans de moi.  Depuis, même si je fais volontiers l’amour avec les hommes qui me plaisent, il m’est resté une sorte de frustration pour ce plaisir manqué, au point que souvent je préfère me masturber, dirigeant à ma guise mon plaisir selon les fantaisies de mon imagination.

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