En regardent des images ci-dessous, je suis tellement triste. Nous avons perdu beaucoup de liberté. Hélas des beaux moments d’aujourd’hui, où se cachent-ils ? Certainement pas chez la jeunesse actuelle et encore moins sur F*cebook


Quand tu copies un CD ou un DVD et que c’est uniquement toi et ta famille qui le regardent. Ça ce n’est pas un vol. Mais quand tu fais des copies de la musique pour des vidéos et ensuite tu les donnes a tes amis ou tu les aides à faire leurs propre copies… Ça c’est bien un vol et tu n’est pas ” Fan” .
Tu voles mon cadreur, mon monteur, mes acteurs et toutes les personnes qui ont besoin de cette industrie pour payer leurs factures.
Je dois t’informer que,
il y a 2 ans, j’ai payé mes hardeuses 350$ pour une scène d’homme-femme.
L’année dernière, J’ai payé mes hardeuses 300$ pour une scène d’homme-femme. Et, cette année j’ai payé 250$.
Sans doute que l’année prochaine je vais devoir aller filmer dans les pays pauvres. Maintenant, tu fais passer les réalisateurs et moi même pour des monstres, car maintenant nous sommes obligés de demander à nos actrices d’accepter moins d’argent pour leur travail. Tous ces types problèmes arrivent a cause des gens comme toi, qui n’ont jamais fait de film ou d’album de leurs vies, et croient qu’ils sont des experts.
Les pirates comme toi pensent que je donne toutes mes œuvres gratuites et que je peux gagner mon argent par la publicité. Désolé, mais il sera nécessaire que mes actrices tatouent la publicité de coke cola sur leurs corps et disent un nouveau produit toutes les 30 seconds pour gagner suffisamment d’argent pour payer seulement une vidéo.
Hé j’ai une idée !
Ma voiture a besoin d’être réparé. En échange des réparations, le mécanicien pourrait peut-être graver sa carte de visite sur les portes et le capot de ma voiture non ? Je suis vraiment désolé mais tu n’es qu’un connard ! Tu n’as aucune idée du coût de la réalisation d’un film ni du travail nécessaire !
J’espère que le père noël existe !
Car ce noël j’espère vraiment qu’une de mes actrices sera sous votre ton sapin de noël. Sans aucun doute elle sera très heureuse de te montrer un nouvel endroit ou tu vraiment te mettre ton clavier, sans lubrification ! En tout cas, au nom des réparations de ma voiture et de tous les autres qui ont besoin de cette industrie, je te dis ” merci beaucoup pour tes conseils ” .
C’était un dimanche de mi-octobre et j’avais passé la matinée à faire les poubelles pour chercher des trésors que je pourrais vendre en ligne. Je ne pouvais que remarquer que les trésors étaient de plus en plus nombreux et de meilleure qualité. Cependant la vente d’objets recyclés devient plus difficile et la compensation diminue de jour en jour. Étant donné que je dois les trouver, les transporter, les nettoyer et parfois même les réparer, la marge de bénéfice n’est plus ce qu’elle était. C’est évidemment un symptôme d’une société qui avance de plus en plus vers le jetable, comme les objets que je trouve à la poubelle. Pis Je me débats toujours avec l’idée que je vais finir par devoir laisser ma maison et faire définitivement du camping, si le monde continue sur son chemin d’autodestruction.
J’essayais de rejeter cette pensée car il n’y a rien que je puisse faire pour changer la situation. Heureusement que j’avais une bouteille de vin et un peu de fromage qui m’attendaient chez moi. C’était l’été indien et c’était une journée formidable. J’avais envie d’aller au parc pour profiter d’un verre de Vino Verdé, d’un peu de Roquefort et peut-être d’un peu de saumon fumé (si ce n’était pas trop cher). Avec ces images de joie, je me dirigeais vers mon appartement pour retrouver mes affaires et prendre une douche.
En sortant du supermarché, le saumon était trop cher et de mauvaise qualité, je vis une belle femme, au début de la soixantaine, avec de longs cheveux blonds. Je lui souris, mais elle fit semblant de ne pas me voir. Ce qui me laissa perplexe, après tout ce n’était qu’un sourire. De toute façon, elle se promenait dans la même direction que moi et je décidai de marcher silencieusement derrière elle. Si j’étais encore un jeune homme, j’aurais admiré ses fesses. Mais je ne suis pas loin de la quarantaine et je suis maintenant un homme mûr avec un respect né de mes expériences passées. Au lieu d’être comme un jeune en chaleur, j’étudiai sa façon de bouger et de marcher. Elle avait une allure décidée mais pas seulement. Elle me laissait penser qu’elle cherchait des amis mais pas seulement.
Arrivés au parc, je trouvai un bel arbre sous lequel m’allonger. Tandis que la mystérieuse blonde s’était assise sur un banc pour mieux regarder quelques enfants jouer avec un chien. Au bout d’un moment, elle poussa un soupir et sortit un livre de poche de son sac à main. Il était clair qu’elle n’avait pas envie de lire car elle continua furtivement à regarder les enfants. Je suppose qu’il aurait été plus poli de la laisser toute seule et tranquille. Mais ma curiosité avait été piquée. Je ramassai donc mes affaires et je m’installai à côté d’elle.
Je supposai qu’elle avait peut-être perdu un enfant. J’essayai à nouveau d’entamer la conversation.– Bonjour, dis-je en m’asseyant, mais elle était toujours focalisée sur les enfants. C’est alors que je remarquai qu’il y avait quelque chose de triste dans ses yeux.
– Beaux et pleins de joie de vivre, dis-je.
– Absolument ! Tout comme l’était mon petit Roger, répondit-elle.
– La vie n’est pas juste, dis-je en haussant les épaules. Je pensais que j’avais vu juste.
– Non, la vie n’est pas juste, répondit-elle avec une politesse si glaciale que je dus reculer.
Je restai silencieux pendant quinze minutes, cherchant mes prochaines paroles, perdu dans mes pensées. Il y a une telle différence entre celui que j’étais à vingt ans et celui que je suis aujourd’hui, un homme mûr qui a la trentaine bien sonnée. J’ai beaucoup voyagé dans le monde et j’ai vécu beaucoup d’aventures et fait beaucoup de métiers. Sans aucun doute, mes expériences m’ont apporté de vastes connaissances. C’est pour cela que je compris soudain qu’elle croyait que je cherchais du sexe.
– Aimez-vous le Roquefort ? demandai-je, ce qui provoqua sa surprise.
– Le Roquefort est très bon avec un peu de pain et un bon vin, dis-je en sortant de mon sac un très ancien verre à vin en cristal.
Heureusement j’obtins le résultat que je cherchais.
– Vous emmenez du vrai cristal au parc ? demanda-t-elle.
Je ris pendant qu’elle scrutait le verre. Si elle avait su exactement où j’avais trouvé ce verre à vin, elle n’aurait eu aucune envie de boire dedans.
– La vie est bien belle. Malheureusement elle est courte. Il faut donc profiter de chaque moment et ce sont les petites choses qui comptent le plus, dis-je et elle fit oui de la tête.
– Vous avez perdu un bien-aimé… J’abordai doucement le sujet.
– Oui, cela fait cinq ans. Il était mon meilleur ami et on jouait toujours ici, répondit-elle.
– Je suis désolé. Même si la vie est belle, elle n’est pas toujours juste, répondis-je avec beaucoup de compassion.
– C’était une catastrophe quand il avait mangé, il laissait ses poils dans mon lit et léchait mon visage pendant que je dormais. Mais pendant vingt-cinq ans il a été mon meilleur ami.
Soudain il fut évident qu’elle ne regardait ni les enfants ni leurs parents. C’était leur chien qui était la source de sa mélancolie. Dans ma vie, j’avais moi-même vécu des moments d’une extrême solitude et j’avais trouvé un certain réconfort dans l’amitié avec un animal de compagnie. Les animaux ne nous jugent jamais ; ils peuvent nous donner un amour inconditionnel. Les animaux sont sans aucun doute des bêtes mais c’est nous les hommes qui sommes bêtes. Tout le monde a besoin d’un amour inconditionnel dans la vie. Je posai donc quelques questions au sujet de son chien et elle me récompensa avec deux heures de conversation. Nous bûmes mon vin, discutâmes le prix et la difficulté de trouver un bon fromage.
Quand tout fut fini, je lui demandai son numéro de téléphone et je crus qu’elle me l’avait donné. Malheureusement quand je l’essayai, ce fut une gare qui répondit. Hélas, ça c’est la vie… Parfois on gagne et parfois on perd.
Mais dans cette situation je n’avais pas l’intention de jouer le proverbial jeu. Je comprends que c’est un véritable manque de respect d’être un dragueur. J’avais trouvé Summer très intéressante et j’avais espéré m’être fait une nouvelle amie. Et pendant une semaine je crus que notre conversation dans le parc n’avait pas été plus qu’une conversation. Mais l’univers avait d’autres objectifs parce qu’une semaine plus tard, on se rencontrait à nouveau. Cette fois au Dollarama.
Je la vis en train de regarder les verres à vin bon marché et je me dirigeai vers elle en blaguant, tiens comme on se retrouve. Son visage devint l’image même de la culpabilité et me confirma tout de suite qu’elle m’avait menti sur son numéro.
Malgré la vérité, elle fut soulagée que son mensonge n’ait pas été découvert. J’essaie toujours d’être un gentilhomme et ce n’était pas la première fois que l’on me mentait sur un numéro. Bref, un mauvais moment avait été évité et on se retrouvait à discuter comme on l’avait fait dans le parc.– Désolé, dis-je, j’ai oublié votre numéro dans la poche de mon jean. Pis je l’ai lavé.
– Alors, pourquoi vous regardez les verres à vin ? demandai-je.
– Parce que j’aime beaucoup le vin que nous avons partagé.
– Ahh, c’est la faute aux Portugais… Voici un cadeau pour vous. En disant ça, je sortis de mon sac deux verres à vin en cristal.
Summer était choquée et un peu confuse. Elle me demanda si je venais chaque jour au parc pour rencontrer des femmes. Je lui répondis qu’on était au Dollarama et non au parc. Pis je passais la plupart de la journée à faire les poubelles pour chercher des trésors à vendre en ligne. C’est à ce moment-là que j’expliquai finalement que j’avais trouvé les verres dans les déchets. Inutile de dire qu’elle était étonnée.
– Vous blaguez ! Elle restait incrédule.
– Vous êtes trop raffiné et intelligent pour quelqu’un qui gagne sa vie en fouillant les déchets.
On stigmatise toujours ceux qui travaillent dans les décharges publiques. Mais je semblais être une énigme parce que j’expliquais que j’avais reçu une éducation universitaire et qu’autrefois j’étais group head directeur pour une grosse entreprise pétrolière. "J’ai passé la plupart de ma vie d’adulte en quête de simplicité et de paix. À mon retour, après de nombreuses années à l’étranger, tout ce qui était important dans la vie avait cessé de l’être. Les trésors des poubelles payent facilement les quelques factures que j’ai. De plus, j’ai beaucoup de temps libre pour profiter de la beauté de ce monde." Nous parlâmes dans le magasin pendant vingt minutes avant que je réalise que cette fois ce n’était pas elle le sujet, c’était moi. Pis elle eut envie de me connaître beaucoup plus et qu’on se retrouve autour d’une tasse de café.
Quand Summer rit, elle a de jolies rides qu’on appelle pattes d’oie. Je ne sais pour quelle raison, je les trouvai extrêmement attirantes et pendant qu’on était assis à boire notre café à petites gorgées, je me perdis dans ses yeux. Son nom "Summer" lui allait à merveille. Elle était blonde, couleur de la paille d’été. Ses yeux étaient de la couleur du ciel à midi. Une femme leste qui aimait porter des jupes très longues et des chemises blanches en toile. Je notai qu’elle portait des sandales et se vernissait les orteils, de cinq couleurs différentes, une pour chaque orteil. Quelques heures plus tard on commençait à se comporter comme de vieux amis. La tension qui existe parfois entre hommes et femmes s’était évanouie.
Il n’y eut qu’un mauvais moment dans le café, quand la serveuse crut que Summer était ma mère. J’ignorai son commentaire, comme si elle n’avait rien dit. Mais Summer l’avait bien entendu et était très contrariée. Si bien qu’elle me demanda si j’avais envie de faire les magasins. N’ayant rien de mieux à faire, j’acceptai de faire un peu de magasinage avec elle. Je demandai donc l’addition et nous partîmes peu après.
Il n’y avait rien de spécial au centre commercial. C’était l’habituelle sélection de vêtements trop chers et de mauvaise qualité. Pis les inutiles téléphones cellulaires avec des programmes de fessebouc. Je refusais l’idée d’acheter quelque chose à manger, car la qualité de la nourriture serait bien merdique. Quand on vit dans une nation riche, le fait d’avoir faim n’est pas une excuse acceptable pour mal manger. Nous achetâmes donc une bonne bouteille de vin, du pain et des fruits de mer à l’épicerie et nous nous installâmes sur un banc en face d’une animalerie. Il suffit de dire que, grâce aux animaux, j’eus une idée.
Entre deux gorgées du vin, je me levai nonchalamment et je me promenai vers l’animalerie. À l’intérieur, j’achetai un petit bocal et un poisson rouge pour ma nouvelle amie. Un cadeau qui la laissa bouche bée.
– Je pense que ce petit aimerait mieux dormir dans son bocal que dans ton lit avec toi, dis-je en présentant le poisson.
– Non… non… Je n’ai pas d’espace dans mon appartement, protesta-t-elle.
– Quand un cadeau est donné… C’est donné. La seule question qui reste pour celui qui a reçu le cadeau c’est qu’est-ce qu’on va en faire. Je me doute qu’il va occuper trop d’espace dans ton domicile, répondis-je
– Qu’est que je vais faire avec un poisson rouge ? demanda-t-elle.
– C’est un être vivant. Aime-le, fut ma seule réponse.
Avec un beau sourire elle me fit un câlin et cette fois au moment de se dire "adieu", elle s’assura que j’aie son vrai numéro de téléphone.
Je laissai passer quelques jours avant d’essayer de l’appeler. Je m’étais fait une nouvelle amie et je n’avais pas envie de mettre en danger notre amitié en apparaissant comme un chasseur de cul. En répondant au téléphone, Summer était très contente de parler avec moi à nouveau. Notre conversation dura deux heures et j’appris que "Claude", le nom de son poisson, allait très bien. Mais elle s’inquiétait du fait qu’il ait besoin d’un plus grand aquarium car, avec ses nouvelles décorations, il ne restait que très peu d’espace pour lui.
Les aquariums peuvent être très chers et ma nouvelle amie voulut chercher une bonne affaire sur Internet. Mais elle n’avait pas d’ordinateur, je lui offris donc d’utiliser le mien. Pis, elle pourrait me rendre visite et pour dîner je cuisinerais une pizza à ma façon, rien d’exceptionnel, mais au moins tout à fait comestible, et après on pourrait chercher pour une nouvelle maison pour Claude le poisson. Alors nous fixâmes le rendez-vous au vendredi soir suivant.
Quand on traite une femme avec respect et courtoisie, quelque chose d’incroyable se produit ; beaucoup de différentes ambiances d’amour pour remplir une pièce.
Je commençai à cuisiner la pizza pour notre soirée et c’est un processus un peu compliqué. Il faut mélanger de la farine et laisser la pâte lever. Après il s’agit de préparer la sauce et d’en mettre sur la pâte. Oui les produits préfabriqués sont évidement plus faciles. Mais moi, je déteste toutes ces choses commercialisées, surtout pour la nourriture. J’étais en train de mettre la première pizza dans le four quand Summer frappa à ma porte. Malgré les taches de tomate sur ma chemise, j’ouvris la porte pour elle.
– J’espère qu’on ne doit pas manger ta chemise pour le dîner, blagua-t-elle.
– La pizza est déjà dans le four. Il ne prend pas trop de temps, dis-je en enlevant la chemise.
– J’ai amené quelques bières. Il y a un U-Brew proche de chez moi et j’ai réussi à convaincre le propriétaire de me vendre un 6-pack, dit-elle en entrant dans mon appartement.
Son effort me plut beaucoup parce que j’aime la bière. Mais tabourhuit c’est bien répugnant la manière dont les grosses entreprises la fabriquent. Même les bonnes marques sont merdiques. C’est la vie, il ne reste plus grand chose d’artisanal dans le monde moderne.
Pendant que je changeais de chemise, Summer parcourut l’appartement. Elle pensait que c’était une véritable merveille, l’ambiance années 1960 de mon appartement. Mes disques vinyles, les affiches de black lights et les meubles ne laissaient aucun doute sur le fait que malgré mon âge j’avais l’âme d’un hippie.
– Les années 1960 c’était une époque pas comme les autres et j’ai adoré chaque moment. Elle s’interrompit pour me faire part de ses soupçons.
– As-tu l’habitude de parler avec des femmes plus âgées que toi ? m’interrogea-t-elle.
– Quel que soit l’âge, je parle avec n’importe qui qui a l’air intéressant, répondis-je.
Je dus également avouer que j’avais toujours trouvé plus facile et plus agréable de parler avec des femmes qu’avec des hommes. Ensuite j’expliquai que j’avais quelqu’un dans ma vie. Mais qu’elle était en train de mourir et je demandai si on pouvait changer de sujet. Avec un sourire elle me raconta un peu de l’histoire de sa vie.
Summer était une véritable "flower child" des années 1960 et elle était tombée amoureuse d’un homme qui prétendait être un "peace and love guru". Elle s’était perdue elle-même dans ses désirs. Mais quand les enfants du disco avaient diabolisé les enfants des fleurs, l’homme à qui elle avait consacré sa vie l’avait quittée pour une autre femme et un job offert par son futur beau-père. Pendant les vingt-cinq années suivantes il n’y eu plus qu’elle et Roger, le corniaud errant qu’elle avait trouvé dans la rue. Je crois que pour beaucoup de femmes, leur amour pour un autre peut être si profond et si fort qu’elles ne peuvent accepter d’aimer quelqu’un autre.
La pizza et la bière allaient très bien avec la musique de Janis Joplin. Pis pendant ce temps nous avions fait une enchère pour un aquarium. Elle me complimenta à plusieurs reprises pour mes qualités de chef cuisinier. Une fois sur le canapé, nous nous assîmes face-à-face pour parler de tout et n’importe quoi. C’était clair que ni elle ni moi n’avions envie que la conversation s’arrête. Finalement le silence s’installa et c’est à ce moment que notre relation changea.
Summer me regardait avec intensité et se penchait vers moi. Instinctivement je fermai les yeux et ouvris doucement la bouche, pis après elle me donna un bisou, un bisou pas comme une amie mais un bisou profond et chaud comme une amante. En touchant son visage, je la caressai et entre des gémissements sensuels nous nous trouvions dans ma chambre.
Quand une femme vieillit, elle ne cesse pas d’être une femme.
Dans une lumière faible, je me permettais de regarder sa forme nue . Ses seins étaient petits mais ses cheveux blonds étaient très longs et dépassaient ses épaules. Pendant que je traçais de petites touches sur son ventre, je remarquai le beau triangle de sa féminité ; symbole de maturité sexuelle et d’une époque moins artificielle qu’aujourd’hui. La génération actuelle est obsédée par des faussetés et des choses irréelles. Le plaisir simple de regarder une femme telle qu’elle a été créée… me manque beaucoup, peut être trop.
Nous fîmes l’amour sans contrainte et sans barrières. Chacun prit son tour pour plaire à l’autre et où il existait une incompatibilité, un compromis fut silencieusement trouvé pour satisfaire nos besoins. Quand tout fut fini, nous nous endormîmes, dans la position de la crevette, couchés sur un oreiller partagé pendant que l’album de Joplin grésillait jusqu’à la fin. À trois heures, lors de mon habituel voyage aux toilettes, j’éteignis enfin le tourne-disque, plongeant l’appartement dans un silence complet.
Comme d’habitude je me réveillai avant sept heures et décidai de faire le café et le petit déjeuner. Je choisis de faire quelque chose de simple. Je mis le percolateur sur le poêle et commençai à faire les toasts. Mais comme la plupart de mes affaires, chez moi, le toaster a plus de cinquante ans et il faut que quelqu’un le surveille car il n’est pas "automatique". J’étais en train de brûler ma troisième tranche de pain quand je détectai que ma nouvelle amie et amante entrait dans la cuisine. Elle était complètement habillée.
– J’espère que cela ne te dérange pas trop. Mais je dois partir, dit-elle. Pis elle était visiblement mal à l’aise.
– Peut-on prendre un café avant que je te ramène chez toi, lui demandai-je.
– Non, je peux trouver la sortie toute seule, répondit-elle en sortant de la cuisine.
J’essayai une fois de plus mais elle refusa de nouveau en expliquant qu’elle ne voulait pas de la complicité d’une relation. Surtout avec un homme de presque la moitié de son âge. Exaspéré j’expliquai que certes je n’étais pas un vieillard. Mais je n’étais pas un jeune homme non plus… Je suis un homme mûr et je ne cherche pas la complicité d’une relation.
Patiemment elle me regarda en attendant que j’aie fini de parler. J’espérais une réponse positive de sa part mais elle restait silencieuse. Elle avait mis un mur entre nous mais c’était aussi sa façon de me donner l’opportunité de la laisser partir.
– Je ne cherche aucune relation avec toi ou qui que ce soit d’autre. J’ai voyagé partout dans ce monde et, pour être franc, je suis fatigué. Je ne veux que la simplicité dans ma vie. Mais ça ne veut pas dire que je ne veux pas d’amis. L’amour d’hier était formidable et il ne faut pas être que ce qu’il était, dis-je mais elle m’interrompit avant que j’aie pu finir.
– Hier soir c’était quoi exactement ? demanda-t-elle.
– C’était des amis qui ont partagé un beau moment et rien de plus, répondis-je.
– Et si je dis qu’on peut être amis mais qu’on ne peut jamais plus faire l’amour ? m’interrogea-t-elle.
– L’amitié est toujours plus importante que le sexe. Mais je serais vraiment déçu, si tu dis qu’on ne peut jamais plus faire l’amour, gloussai-je.
En hochant la tête elle me répondit finalement, « Tabournac, tu es un homme de bonne foi. Pourquoi tu n’es pas né vingt ans plus tôt ? » Je ris en disant que personne ne choisit l’instant de sa naissance. Pis j’ai fait des gros yeux écarquillés pour montrer mon appartement style années 1960.
Summer se détendit et son sentiment d’hostilité disparut. Je lui demandai si elle pouvait attendre un moment pour que j’aille chercher mes vêtements car j’aurais aimé la raccompagner chez elle. Pis ce n’est pas trop cool de marcher dans la rue dans une simple robe de chambre. Avec fausse modestie elle me répondit :
– Oui tu peux t’habiller… Ou… Je peux me dénuder et on peut revenir au lit.
Évidement j’ai choisi de revenir au lit et ce fut encore formidable comme la première fois. Nous avons construit une amitié fondée sur le respect et la vérité. Notre intimité n’est qu’une expression de cette maturité. Tristement, j’ai dû la ramener chez elle pour revenir à nos propres vies personnelles. Mais c’était le lundi suivant dans l’après-midi.
J’ai perdu la guerre qui a été gagnée en 1969.
Il y avait de l’espoir dans l’air quand un demi million de personnes sont venus à Woodstock. C’était 3 jours paix et de musique et une célébration d’une guerre gagnée pour l’égalité et l’amour pour tous. Comme beaucoup des femmes, ma mère portait des fleurs dans ses cheveux et avait brûlé son soutien gorge. Pour moi, sa fille, pas encore conçue, avait fait une guerre pour le droit de sortir la cuisine et d’aller à l’université, pas pour trouver un mari mais pour avoir une formation, mais surtout, pour profiter du sexe sans être mariée.
Il semblait que l’époque d’être ignorante, pied nus et enceinte était terminée et les femmes se réjouissaient.
Maman, je suis désolé mais j’ai tout perdu.
Ma formation universitaire m’a laissé endettée et même avec un diplôme, les seuls boulots proposés sont des jobs de service, genre McJob. Quand j’entre dans la cuisine, j’ai peu de temps et suis trop fatiguée pour cuisiner. La nourriture est ainsi, pleine des produits chimiques aux noms imprononçables. Je ne suis plus pieds nus ; mais mes pieds sont si enflammés après le travail que je ne peux pas attendre pour enlever mes chaussures. Le sexe serait merveilleux, un moment de fantaisie loin de la monotonie de ma vie. Une évasion vers les plaisirs physiques, où je pourrais être touchée, caressée et oublier mes problèmes. La magnifique pilule a libéré les femmes avec sa promesse de faire l’amour sans inquiétude. Malheureusement, aussitôt que le sexe est devenu socialement acceptable, ils l’ont remplacé par la peur d’être enceinte avec la peur de la mort.
Une femme au foyer aux pieds nus et enceinte serrait mieux. Parce que non seulement ma grand-mère avait un mari qui s’occupait d’elle, elle avait la liberté d’élever ses propres enfants. D’être là pendant leurs premières années, pour les voir partir à l’école et leur souhaiter la bienvenue à leur retour.
Je suis femme écoute moi rugir ! Proclamaient nos mères comme elles ont pris ce qui était légitimement les leurs, les vôtres et le mien. Mais à cela je réponds…
Je suis femme vois moi pleurer.
Je supplie à genoux pour la liberté d’aimer un véritable être humain et non un ami virtuel !

Un club de strip-tease, une bouteille de Cabernet Shiraz donnée par un membre d’un gang de motards, une femme battue, un œil au beurre noir, des problèmes avec des policiers et ma voisine… C’étaient les ingrédients de la recette d’un beau gâteau qui s’appelle « migraine ». La vie n’est pas toujours rose… Et je déteste être un héros.
Mes amis m’ont invité pour fêter un petit accrochage dans un club de strip-tease. Bien que j’aime les filles nues, je n’aime pas trop les boîtes de cul sur scène. Les strip-teaseuses sont là seulement pour l’argent, la bière est chère et sa qualité est merdique, pis le propriétaire d’un club est habituellement un gros dégueulasse. Mais ce sont le décor et les clients qui me dérangent le plus. De plus chaque club est la copie conforme des autres clubs.
Il y a plusieurs types de clients ; de jeunes connards prétentieux, étudiants à l’université, qui se comportent comme s’ils n’avaient jamais vu une femme, les motards qui cherchent à exprimer leur puissance et les vieux messieurs qui restent la tête baissée en se souvenant de leur jeunesse. Mais la plupart sont des hommes de mon âge, des hommes célibataires entre 35 et 50 ans. Ils ont tous besoin d’une femme dans leur vie et je les comprends. (après tout, je suis pornographe) Mais à leur façon de regarder les femmes, on peut sentir leur désespoir comme si c’était une odeur.
Il y a quelque temps la rue Saint Lawerence était surnommée « La Main. » Il y avait une véritable explosion du nombre de salles de spectacle, de cabarets et de tavernes. Les clubs de strip-tease n’étaient pas seulement des boîtes de cul mais aussi des salles de spectacles de variété. La clientèle était vraiment mélangée, un bel échantillon représentatif de la ville. Même les femmes qui n’étaient pas strip-teaseuses, venaient au cabaret pour voir Lili St-Cyr, la reine du strip-tease. Quand je pense à l’époque de mon grand-père et aux clubs qui étaient sur la rue Saint Lawerence. Je ne peux que hausser les épaules et dire « Quelle déchéance. »
Je faisais de mon mieux pour profiter de la compagnie de mes amis. Heureusement après ma troisième canette de bière à 6 bucks à base d’urine. j’ai dû aller aux toilettes. C’est là que j’ai rencontré un vieux motard surnommé « Dirty ». Les chiottes réservées aux hommes sont un endroit où on ne parle pas beaucoup. Un pissoir hétérosexuel est toujours entre dégueulasse et stérile et nous les mecs avons l’habitude de laisser un urinoir vide entre nous et l’homme suivant. Je veux dire que quand Dirty a pris l’urinoir juste à côté de moi et m’a demandé si j’étais gai ; je me suis demandé s’il cherchait à me baiser ou me frapper.
- Je n’aime pas les femmes trop maigres, sans seins, sans poils pubiens et comme une poupée Barbie. Répondis-je. Pis, je crois que la canalisation du pissoir va directement aux fûts de bière.
- Ça c’est vrai ! Me répondit-il en souriant. Pis les Barbies y en a à la pelle et le propriétaire est si radin que c’est sa mère qui nettoie les toilettes. Il lui a demandé de faire le strip mais même moi je ne suis pas prêt à payer pour voir ça toute nue. Je suis venu ce soir seulement pour être avec mes amis.
Trente minutes plus tard, Dirty et moi avons quitté la taverne pour jouer aux échecs, boire du thé et fumer un chicha dans un salon de chicha. J’ai appris que sa petite fille est la propriétaire de ce salon et qu’ensemble ils ont fait un voyage en Inde pour raison de spiritualité comme des anciens hippies. Pis j’ai appris que mon nouvel ami comprend bien les échecs. Il a parié une bouteille de Cabernet Shiraz fabriqué en Inde et moi, j’ai misé un DVD de Yoga nu. Malheureusement, je ne suis pas un joueur doué mais Dirty m’a quand même donné le vin. Je ne sais pas ce qui s’est passé avec mes amis dans le club de strip-tease mais j’ai passé une très bonne soirée avec Dirty.
Le jour suivant :
Je suis allé au parc avec un sac de naans (pain indien), un peu de ghee (beurre indien), le livre autobiographique de Henri Charrière et ma nouvelle bouteille du vin. Hélas je n’ai pas beaucoup profité d’un après-midi bucolique en ville, mais au moins j’ai bu un verre de cabernet avant le dérapage. Il y avait une famille dans le parc ; un père, deux enfants (une fille et un garçon) et leur mère. J’ai pensé que les gamins avaient entre 4 et 6 ans et la mère environ 25 ans. Mais le père avait clairement 40 ans ou plus et j’ai vu qu’il faisait peur à toute sa famille. Pis il était en train de gueuler sur sa femme.
J’aurais pu chercher un autre banc public pour m’installer. Mais comme un voyeur pervers, j’étais collé à mon siège et je regardais ce spectacle. J’ai entendu pas mal de mots comme, « salope » « pathétique » et « sale plotte ». Pendant ce temps les enfants essayaient de jouer avec une balle mais le garçon, le plus âgé, essayait de surveiller sa mère. Pis la fille a discrètement pleuré. C’est seulement quand l’homme cracha sur sa femme et leva la main pour la menacer que je décidai de m’interposer.
« Fuck » j’ai chuchoté en me demandant pourquoi je n’avais pas cherché une autre place pour m’installer. J’ai vidé ma bouteille sur le sol. L’homme était beaucoup plus costaud que moi et la bouteille serait une façon d’équilibrer le jeu. Laissant mes autres affaires sur le banc, je me suis approché de lui.
« Hé laisse la dame tranquille » j’ai dit et il m’a regardé avec mépris. Heureusement le bon dieu me voyait du coin de son œil car j’avais vu qu’il y avait une femme policier non loin de nous.
J’ai laissé tombé la bouteille à terre. Puis je me suis arrêté immédiatement devant le méchant. Mon idée était de le provoquer car si je pouvais attirer l’attention de la femme policier, ce monsieur serait leur problème et non le mien.
- C’est ta femme, j’ai dit, et pas un punching bag.
- Fuck you répondit-il, occupes-toi de ton cul.
- Fils de pute… T’es qu’une ordure qui bat sa femme et ses enfants. J’étais vraiment en crisse en disant ça.
Il a pris la main de sa femme. « C’mon c’est parti » Son but était de quitter le parc et de se débarrasser de moi. Hélas quand je joue les preux chevaliers, j’ai du mal à laisser faire une situation ou abandonner une femme. Surtout une femme avec enfants.
- Un pitoyable mal élevé ! C’est quoi les circonstances de ta conception ? Est-ce que c’est la condom de ton père qui a cassé pendant qu’il baisait ta plotte-à-crack de mère ?
Vlan !!!! Moins d’un instant après que ces mots soient sortis de ma bouche, il m’a frappé. Il m’a donné un bel œil au beurre noir et je suis tombé à terre. Quelques insultes et des coups de pied dans le ventre et les policiers sont arrivés pour me sauver. C’était probablement la première fois de ma vie que j’étais content de voir les flics. Ce mec était vraiment fort.
- Ça va monsieur ? Me demanda la femme flic. Oh, c’est vous.. notre fan numéro un. On doit donc tout faire dans les règles.
Inutile de dire que les policiers ne m’aiment pas trop et que je les déteste. Mais aujourd’hui ils sont un moyen de régler un problème. Ce n’est pas comme si j’étais un criminel… Après tout je n’avais commis aucun délit. C’est juste que je suis un peu bavard et que je crois que les porcs ne sont que des chiens.
Avec mon bon œil j’ai vu son équipier, un homme que j’avais croisé plusieurs fois dans les parcs et quand je faisais les poubelles. Il a l’air d’être un homme de la vieille école, honorable et respecté. Je lui ai fait signe de venir parler avec moi, pendant que la jeune policière appelait une ambulance pour moi.
- Je veux parler avec l’hôpital avant de prendre votre déclaration officielle. Il m’a dit.
- Monsieur, j’aimerais seulement que vous regardiez la femme et ses enfants, dis-je. C’est eux qui ont besoin d’assistance. J’ai dit.
Ses yeux ont percés les miens et j’ai su tout de suite qu’il avait compris la situation. « On a besoin d’une deuxième ambulance pour les enfants. Ils sont témoins d’une bagarre et ça pourrait les marquer psychologiquement… Madame vous pouvez aller avec vos enfants » En disant ça, il m’a tourné le dos pour parler avec mon agresseur et pour me donner un discret coup de pouce.
Après quelques heures, je suis finalement rentré chez moi.
Je n’ai rien cassé mais j’étais aveugle du côté gauche. Je me reposais sur mon canapé car c’était trop difficile de trouver mon lit. Pis j’avais mal comme si j’avais dormi sous les roues d’un train. Ma voisine Liza a frappé à la porte et j’ai répondu que c’était ouvert. Comme d’habitude, elle a commencé à me parler avant même d’avoir fermé la porte.
- J’ai foutu mon chum à la porte. Ça veut dire que nous pouvons passer une soirée sympa avec vin et popcorn. Pis je ne porte pas de culotte…….. Tabarnac !!! Qui a fucké ton visage ?! dit-elle en entrant dans le séjour.
- C’est une longue histoire. Répondis-je.
- As-tu baisé une femme mariée ? Demanda-t-elle.
- Non, j’ai sauvé une femme battue et ses enfants… Dirty, s’occupe d’elle. Pis sa petite fille avait un appartement disponible pour eux au-dessus de son salon de chicha. Dis-je.
- Qui c’est Dirty et sa petite fille ? Interrogea-t-elle.
- Dirty c’est mon nouveau ami. C’est un vieux motard. J’ai répondu.
- Donc… tu ne couches pas avec moi ce soir.
J’ai tourné la tête vers elle pour pouvoir la regarder avec mon bon œil. Sans que je dise un seul mot elle a simplement ajouté qu’elle allait chercher des glaçons pour mon œil. Malheureusement Liza et moi avons une relation plutôt sexuelle. J’ai appris tout de suite que quand elle ne fait pas l’amour, elle ne s’arrête jamais de parler. Elle a donc remplacé la douleur de mon œil par une très forte migraine.
NOTE: Il y a trop longtemps que je n’ai pas mis mon site à jour (ou à jouir!!!). Mes textes vous font mouiller, vous font bander? Vous aimeriez que je continue à publier? Vous avez des suggestions ou des commentaires à me faire parvenir? N’hésitez pas à m’envoyer un courriel (info@tabarnak69.com) et dites-moi si vous avez envie que je continue…
Je caresserais longuement ton corps avec ma bouche, ma langue, mes mains, mes doigts et mon sexe tout en personnifiant ces hommes que tu connais et cotoies depuis toutes ces années: ce vieil oncle aux mains baladeuses, ce voisin lubrique, ce collègue de travail qui ne cesse de te reluquer, ce prof dont le regard s’accroche à tes seins….
Étendu sur toi, je te pénètrerais en les évoquant, en te rappelant combien ils ont envie de toi…
Tu me résisterais, cherchant à te défaire de tes liens, tentant d’échapper aux caresses intimes de ces vieux vicelards…
Pourtant, lentement, tu sentirais ton corps te trahir et le plaisir t’envahir alors qu’à travers moi, ces hommes t’obligeraient à te soumettre à cette relation sexuelle que jamais, de ton plein gré, tu ne leur aurais accordée..
On ne sait jamais qui on rencontrera dans ce monde. Plus encore, on ne sait jamais qui on rencontrera de nouveau. Et dans mon monde c’est exactement ce qui s’est passé, la voix de quelqu’un de mon passé m’a appelé de l’autre côté de la rue. Comme dans la chanson qui dit : « mon pays ce n’est pas un pays, C’est l’hiver ». J’ai décidé que l’hiver du pays de l’hiver était un peu trop fort. J’ai donc choisi de passer du temps en Europe. La belle voix s’appelait Anaïs, une ancienne amie de voyage et une amante. Plus d’une décennie s’était passée, mais pour moi c’est comme si c’était hier.
« C’est vraiment toi ? ». Elle me regardait avec les yeux d’un enfant à Noël. Et je pense que moi aussi, j’avais le même sentiment dans mes yeux. Il fallait noter que j’avais toujours des cheveux longs et que je portais une bouteille de vin et un livre d’Albert Camus. Il était évidement que pour elle, je n’avais pas du tout changé. Pour moi, elle semblait être la même fille de mes souvenirs, elle avait un bouquet de fleurs, une très longue jupe et des sandales. Nous étions très contents de nous revoir et c’est pour cette raison que nous avons pris un café et que nous avons passé quelques heures en discutant nos vies.
Anaïs fit ma rencontre en Inde mais pour être plus précis, elle me sauva. C’était dans le village du Rajasthan où trois mecs armés avec des battes de crickets ont essayé de me menacer pour mon argent. Probablement la chose intelligente aurait été de leur donner mon portefeuille. Je n’avais que vingt pièces et c’était loin d’être le plus beau moment dans ma vie, mais cette belle femme a sauté sur le dos d’un de mes assaillants et j’ai flanqué un coup de pied dans l’entre-jambe d’un autre et la bagarre était finie. Après pour fêter notre victoire, on a dormi dans la gare de trains.
Belle, petite avec les cheveux noirs et raides, et un esprit plus courageux qu’un lion, mais plus gentil qu’un agneau.
Elle vit avec un homme de 15 ans plus âgé qu’elle depuis 5 ans et ils vont se marier dans les prochains 4 mois. Son beau est dentiste, très stable et n’a jamais pris de vacances sans se payer un voyage organisé. Elle a rit en disant qu’il n’avait jamais fait du camping et qu’il pissait derrière un camion quand il n’y avait pas de toilettes, c’est probablement son pire cauchemar. « ça veut dire qu’il n’est qu’un homme normal. » Il y eut un moment de silence comme pour indiquer que j’avais raison. Anaïs et moi, nous sommes d’une espèce rare. Après cette révélation la conversation s’est épuisée et elle s’est excusée, elle m’a promis de m’inviter pour dîner chez eux. J’ai cru que son invitation n’était que des civilités.
Le jour d’après j’ai reçu un appel. C’était Anaïs, elle et son chum étaient dans mon quartier et voulaient prendre un verre avec moi. Personnellement j’ai trouvé leur requête un peu bizarre car quand des amis de grands voyages se disent « adieu » c’est généralement pour toujours. Même s’ils étaient amants, ils se revoyaient très rarement. Sans aucun doute il n’y a pas une loi gravé dans le marbre, mais plutôt une habitude parmi ceux qui voyagent en quête constante du savoir. La question qui me brûlait la langue, est-ce qu’elle cherche vraiment à refaire notre amitié ou est ce qu’il y a quelque chose d’autre qu’elle veut ? Ma curiosité a été piquée, j’ai donc accepté son invitation.
Il n’y avait rien de spéciale au resto. Mais j’ai noté qu’il était très calme et discret, un très bon endroit pour discuter. Mon amie et son chum étaient déjà installés et je regardais son amoureux. Son costume de grand couturier, son parfum fort et sa coupe de cheveux impeccable, tiré à quatre épingles, en m’assoyant je remarquais toute de suite que Philippe avait un air très petit-bourgeois. Je ne suis pas contre les petit-bourgeois, c’est juste que les discussions sont souvent lourdes et fatigantes.
Philippe n’est resté qu’une heure. Les premières 20 minutes, après qu’il m’ait serré la main, il resta relativement silencieux. Malheureusement par la suite il s’est transformé en grand bavard et m’a touché plusieurs fois comme s’il était mon meilleur ami perdu. J’étais très content quand il s’excusa pour retourner à son cabinet dentaire. Sans être trop discret juste avant qu’il nous ait quittés, en regardant Anaïs, il a dit « À propos de notre discussion d’hier. Ma réponse est oui. Il serait un bon début. »
J’ai cru que ce n’était pas mes ognons. Mais peu après son départ, c’est devenu mes affaires.
– Que penses-tu de Philippe ?
Il était clair que c’était important à Anaïs que j’aime son chum.
– Il te rend heureuse et pour cela je suis très heureux. Même s’il est vraiment ”petit-bourgeois”. Répondis-je
Anaïs avoua et m’assura que Philippe était un homme bon. Mais ses paroles suivantes ont été étonnantes. Surtout parce que je n’ai pas l’habitude de supposer des choses.
– Philippe cherche un trip à trois avec toi… Disait-elle avec une douce modestie en battant ses paupières.
Carambolage; c’était la raison pour laquelle ils m’avaient invité à prendre un verre. Je ne suis pas contres les échangistes. Mais comme les petit-bourgeois, je les trouve un peu difficiles car leurs seuls soucis ne sont pas les sentiments d’amour et de partage mais c’est uniquement l’acte, l’objectif. Après tout l’échangisme c’est un jeu joué par les petit-bourgeois. Je suis loin d’être comme eux et le sexe sans sentiments n’est pas mon truc. Malgré le fait que la moitié de mon travaile est la pornographie et j’aime vraiment le sexe. Je restais silencieux pendant qu’elle parlait de nouveau.
– Ne sois pas moraliste. De plus tu n’es pas si innocent sans doute, tu en as déjà fait. Dit-elle en laissant la modestie.
Je grimaçais. C’est une amie et elle méritait une réponse. Mais, je n’étais pas certain de ma réponse. Ma curiosité a été encore piquée.
– Je m’en suis déjà fait plus d’une fois. Sans doute comme toi. Mais, tu as bien dit « Philippe cherche un trip » et non que tu ou vous cherchez.
Répondis-je
– Oui, tu as raison, je l’ai déjà fait à plusieurs reprises. Quand l’on vit une vie pleine d’aventures, le sexe suit souvent. Malheureusement Philippe n’est pas comme nous. Un trip à 3 est une aventure pour lui. Répondit-elle
Quand nous avons fait nos adieux, c’était la conclusion de deux ans ensemble. Un chapitre d’aventures entre Rajasthan en Inde et Katmandou au Népal. Après m’avoir acheté un déjeuner elle me dit qu’elle aurait voulu discuté du prochain trajet. Mais ce n’était qu’un sandwich acheté dans une station essence où un autobus s’était arrêté. La discussion a duré moins de 10 minutes avant qu’elle a prît le bus. Oui c’était un peu rude et un peu gênant. Mais je compris 8 mois plus tard quand je fis un départ similaire. Hélas entre la vérité de la rue et la quête du savoir, on trouve souvent un chagrin d’amour. Heureusement on s’adapte.
– D’accord. Je vais le faire. J’ai dit finalement.
– Tu es comme moi, cherchant des sentiments. Je te comprends, fais juste l’amour avec moi comment on le faisait et Philippe sera très heureux. Il n’y aura aucune obligation de faire un spectacle. Sourit-elle
Le date a été fixée pour le prochain jour à 21h00 et ensuite on a passé un après-midi très agréable.
Le lendemain soir
Selon moi, on n’avait pas de quoi en faire tout un fromage pour le dîner. Philippe était toujours un grand bavard, pire, il n’était pas trop discret en faisant ses allusions sexuelles. Pendant le dîner même il enleva la jupe d’Anaïs. J’ai cru qu’il était excité comme un enfant à Noël. Qui d’une manière était triste quand on considère son âge. Anaïs et moi sommes plus jeunes mais avons plus de savoir-vivre et de maturité. Notre repas a été conclu en refusant un dernier verre de champagne et nous sommes tous retirés vers la chambre à coucher. (Je déteste le champagne)
J’étais venu là pour mon amie et non pour Philippe. Je m’occupais d’elle, de ses besoins et son plaisir. Par contre Philippe s’occupait uniquement de son plaisir. Pour lui la chose la plus importance n’était pas sa fiancée mais ce genre de « live show ». Je l’ignorais le plus possible en restant poli et acculant. La scène n’a durée que deux heures et à la fin, il était bien clair qu’Anaïs était exploitée par son amoureux.
Bref son chum avait des envies pour le faire à nouveau. Mais j’ai fait mes excuses et Anaïs m’accompagna jusqu’à la porte. « On parlera bientôt » me dit-elle en fermant la porte. Je ne savais pas qu’est-ce qu’elle attendait, mais il n’y eut qu’une bouteille de vinho verde et un morceau de grana pandano qui m’attendaient. Pour moi mon rôle était fini.
10 jours après…Ma sonnette a retentit.
Anaïs se trouvait à ma porte. Elle été toute seule et c’était relativement tard dans la soirée. Aucune explication n’était nécessaire de ce qui s’était passé, elle avait quitté son chum. Quand un couple joue avec des choses comme l’échangisme; il peut seulement fonctionner à condition qu’il n’y ait aucune exploitation. Mais on dirait que sans l’exploitation de son amant, ce n’est plus de l’échangisme. C’est de l’amour libre.
J’ai fait du café et rempli nos tasses. Anaïs pris la parole.
– Je l’ai quitté… J’ai expliqué le problème. Malheureusement deux jours après, il m’emmenait au club libertin et me donna aux hommes. Puis, après un moment il m’a laissée toute seule pendant qu’il baisait une autre femme. Elle s’arrêta de parler et chauffa ses mains avec sa tasse.
– T’as raison. C’était l’acte qu’il cherchait et non une aventure… Et surtout pas un partage d’amour.
Elle était visiblement fatiguée et déçue. Mais je n’ai vu aucune tristesse dans ses yeux. Elle avait accepté que sa relation avec Philippe soit finie.
– Je suis venue ici pour deux raisons. J’ai toujours envie de voir le Machu Picchu et je me suis acheté un billet pour le Pérou. J’ai besoin donc d’un sac à dos et un sac de couchage. J’espère que tu en as. Dit-elle
– Oui, et d’autres trucs de camping. Tu vas reprendre le chemin du voyage? Répondis-je.
– Oui… Tu en as envie? Demanda-t-elle
– Pas du tout.
En ramassant des trucs de camping, on a librement parlé et c’est quelques heures plus tard qu’elle a dit ses autres raisons pour m’avoir rendu visite.
– J’ai dit que j’ai deux raisons pour être venue ici. Je suis obligée de te remercier… De te remercier pour être ce que tu es. Elle a pris une pause en glissant vers moi.
– Puis cette fois je n’ai aucune envie de te laisser tomber avec un sandwich. Je veux faire correctement mon départ.
De nouveau ses lèvres ont touché les miennes et on s’est retrouvés dans mon lit. Son corps était doux et chaud. Chacun s’occupait des besoins physiques et émotionnels de l’autre. Et sans agenda nos formes s’unifièrent silencieusement. Elle savait avant de m’avoir demandé d’aller avec elle que ma réponse allait être non. Cette fois comme la dernière fois, nous avons deux chemins différents. Contrairement à la dernière fois, il a quelque chose de plus que les aventures de voyages qui s’était passé entre nous. C’est un type d’amour fondé non pas sur l’innocence mais sur la maturité et sagesse. Le lendemain je l’ai déposée à l’aéroport. J’avais commencé à faire mes adieux mais elle m’a arrêté.
– Ce n’est pas un adieu. Ce n’est qu’un au revoir. Je te jure que je serai au Rainbow Gathering en 2014 à Spokane Washington. Voici prends mon E-mail.
Je l’ai pris et elle a pris son départ sur cela. Elle m’a laissé avec des envies de visiter le Pérou. Pis Je ne doute pas qu’elle sera au Rainbow Gathering 2014.
